Mai 68-Lyon : un ultime colloque sur l’Education (1)

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Reportage de François Dalla-Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272

Les 30 et 31 octobre 2018, un colloque sur mai 68 et les milieux éducatifs à Lyon se déroulera dans le grand amphithéâtre de l’Université Lyon 2. Il viendra conclure une série de rencontres sur le mouvement de mai-juin 68, qui a connu un développement original à Lyon, alliant étroitement, syndicats étudiants et ouvriers et partis politiques, à l’aune de la conjonction Unef-CFDT-PSU. Rencontre avec un des organisateurs et témoignages d’intervenants.

Le 1er mars 2018n les universitaires lyonnais, dont certains interviendront lors de ce colloque, présentaient un ouvrage original consacré à Lyon en luttes dans les années 68 (© Pierre Nouvelle).

Le 1er mars 2018, les universitaires lyonnais, dont certains interviendront lors du colloque des 30-31 octobre, présentaient un ouvrage original consacré à Lyon en luttes dans les années 68 (© Pierre Nouvelle).

La place de la CFDT dans le mouvement lyonnais et son parcours entre 1968 et 2018 (21-22 mars), le rôle joué par la CGT (6-13 et 26 juin), l’attitude des chrétiens et de leurs Églises (18 mai), la situation des femmes (2 mai)…, les sujets de colloques et rencontres n’ont pas manqué depuis le printemps de cette année. Avec à la clé une série de livres portant sur ce moment particulier de l’histoire entre Rhône et Saône.

Du côté des enseignants…

Avec Lilian Mathieu et Vincent Porhel, Sophie Béroud travaille sur la période 1968. Elle est intervenue à plusieurs reprises dans des colloques universitaires et militants au sein d’une démarche initiée par la CFDT du Rhône, et qu’elle a accompagnée.

Lors du colloque des 30 et 31 octobre 2018 consacré au moment 68 et aux milieux éducatifs, elle livrera une recherche sur le Sgen-CFDT. Si les enseignants syndiqués à la CFDT étaient très minoritaires face au puissant Syndicat national des instituteurs (SNI), composante importante de la Fédération de l’éducation nationale). N’empêche, ceux qui arboraient la bannière cédétiste dans les collèges et lycées furent moteurs, face au Snes (Syndicat national des enseignements du second degré) dans les grèves et influents dans les réflexions qui ont traversé les salles des profs.

Sophie Béroud rappelle sa recherche sur mai 68 à Lyon, dans laquelle trouvera place sa contribution.

Le Sgen-CFDT avait une originalité : sa dimension intercatégorielle qui lui faisait réunir les différentes catégories de salariés, des personnels administratifs ou de service aua agrégé.e.s. Autre spécificité, son attention à la formation qui prenait la premi-re place face à la demande de moyens matériels supplémentaires.

En mai-juin 68, Jacqueline Ponsot enseignait l’anglais au lycée de jeunes filles Édouard Herriot. Jeune professeure, elle avait adhéré naturellement à la CFDT, dans la foulée de son engagement au sein du mouvement scout  des Guides de France. Elle a participé au Groupe de travail CFDT Rhône en mai 68 qui a organisé quatre journées d’études et un colloque entre 2013 et 2018. Elle  témoigne.

… et des étudiants

Comme Jean-Marie Keunebrock , Francis Pithon était étudiant sur le campus de la Doua à Villeurbanne.

Elève-ingénieur en 2e année à l’Insa, membre de la Fédération française des associations chrétiennes d’étudiants (FFACE), composante de la Fédération protestante de France,  fut un des acteurs du démarrage du mouvement étudiant lyonnais. Il se souvient ce ce qui s’est passé sur la campus de la Doua.

 

Le mouvement étudiant de mai-juin 68 a trouvé sa source dans les luttes pour la mixité des résidences universitaires de l’automne-hiver 1967.

Jean-Hugues Chauchat était étudiant à Lyon. Il logeait dans une résidence universitaire de Lyon 5e et était un des responsables de l’Association générale des étudiants de Lyon, membre du syndicat Unef (Agel-Unef). Membre du PSU (Étudiants socialistes unifiés), il fut un des aiguillons de ce mouvement qui préludait à la révolte du printemps suivant.

Aujourd’hui professeur émérite de l’Université Lyon 2, il raconte.

Et les jeunes des milieux populaires ?

Quelle fut la place et quel rôle jouèrent les jeunes de la classe ouvrière et plus globalement des milieux populaires ? L’ex-Brondillante Claire Auzias a soutenu son doctorat d’histoire à la faculté des lettres de Lyon. Proche des milieux libertaires, elle s’est passionnée pour ces jeunes, souvent en difficulté familiales et sociales qui rejoignirent les étudiants. A Paris, on les dénommait les Katangais. Entre Rhône et Saône, ce firent les Trimards. Claire Auzias met les choses au point sur ces jeunes injustement décriés.

Jean-François Cullafroz était lui aussi issu d’un milieu populaire. Il était le fils d’un ouvrier de la voirie à la municipalité de Lyon, et d’une mère qui faisait des ménages pour boucler les fins de mois. En 1968, il terminait ses études à l’École normale d’instituteurs de Lyon. Durant mai et juin 68, il rempli la mission de co-président du Comité de grève des deux Écoles normales lyonnaises.

Il témoignera le 31 octobre 2018 lors de la table-ronde du colloque Le moment 68 et les milieux éducatifs lyonnais. Il revient sur cette expérience qui fortifia son engagement au sein de la CFDT contracté deux années plus tôt.

Le colloque est ouvert à tous. Le programme est disponible sur le site : https://www.univ-lyon2.fr/actualite/agenda/le-moment-68-a-lyon-en-milieu-scolaire-universitaire-et-educatif-contestations-mutations-resistances-trajectoires-783776.kjsp

Il est prudent de s’inscrire auprès de Yves Verneuil : yves.verneuil@univ-lyon2.fr

A suivre : Mai 68-Lyon : un ultime colloque sur l’éducation (2) : des chercheurs et étudiants témoignent

 

Un commentaire

  1. BRAVE 26 octobre 2018 à 9 h 07 min

    Veuillez m’indiquer les horaires Merci

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