
Par Jean-François Cullafroz-Dalla Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien à Genève).

Vendredi 3 avril 2026, famille, camarades et ami.e.s ont accompagné Michel Lenoir, lors de ses funérailles dans la petite église de Simandres (Rhône). Un moment simple et émouvant pour évoquer un homme qui avait posé son engagement social en général et avec la CFTC puis la CFDT en particulier, sous le sceau de la fraternité. Hommage.

« Michel, tu es parti sur une nouvelle route pour un nouveau voyage… », c’est avec ces mots qu’Alain Camagne a débuté son hommage à Michel Lenoir, ami depuis soixante ans.
La petite église de Simandres était pleine, et l’émotion est montée au fil du récit du parcours de vie de cet apprenti-carrossier viennois, qui, quatre ans plus tard, a intégréun métier difficile dans l’atelier de la fonderie de l’usine Berliet de Vénissieux. L’entreprise est en plein développement. Michel ne va pas avoir de mal à trouver sa place parmi les milliers de salariés, surtout après son service militaire qu’il effectue durant la Guerre d’Algérie.
A son retour de l’armée en 1962, il reprend son poste, et adhère à la CFTC qui deviendra CFDT en 1964, une « décision importante qui a déterminé ensuite toutes les étapes de sa vie militante, mais également ta vie d’époux, de père et de grand-père, jusqu’à ce dernier jour, mercredi 25 mars, où nous avons échangé quelques mots, quelques gestes, quelques sourires… », a poursuivi Alain Camagne.

Quelques étapes d’une vie d’engagement
Parmi la richesse de toute cette vie, son ami a retenu quelques étapes.
En septembre 1973, sa présence, à Santiago du Chili, le 11 septembre 1973, avec Jean-Charles et Pedro, lors du coup d’état militaire de Pinochet, renversant le président Salvador Allende.
« Triste moment et douloureux moment… Cette présence a permis, ultérieurement, de développer sur la région lyonnaise tout un réseau de solidarité avec le peuple chilien », a souligné Alain Camagne.
L’année 1973 marquera aussi un tournant important pour Michel Lenoir, puisque le 21 décembre, à quelques jours de Noël, Paul Berliet, PDG de l’entreprise, le licenciait, malgré le refus de l’inspecteur du travail, pour avoir appliquer la décision prise par quatre-vingt militants et responsables CFDT de l’entreprise, de le maintenir à ton poste de permanent CFDT au sein de l’entreprise.
En juillet 1975, après son mariage à Bron (Rhône) avec Rosario, et avant la naissance de leur fils François, Michel Lenoir gagne la région parisienne et la commune de Villiers-le-Bel. Là, il met ses compétences au service de la confédération CFDT. Il poursuivra cette mission pendant vingt-ans, accomplissant un travail remarquable et apprécié de tous.
Lors de l’homélie qui a ponctué la cérémonie de Funérailles, le diacre qui officiait a insisté sur la dimension fraternelle de la personnalité de Michel Lenoir et de son engagement social sans faille.
Lors de la cérémonie de funérailles, Alain Camagne a précisé encore le souvenir que son ami a laissé à celles et ceux qui ont eu la chance de le rencontrer : « accueillant, attentif, efficace, clair dans tes propos, conciliant quand il fallait l’être, toujours marqué par cette opiniâtreté légitime et nécessaire pour résoudre les problèmes, pour ne pas subir l’injustice. »
A Simandres, à partir de novembre 2004
A leur arrivée, Rosario et Michel, se sont intégrés rapidement dans différentes activités socio-culturelles du village de Simandres (Rhône).
Alain Camagne a terminé son hommage par deux témoignages reçus. Tout d’abord par celui d’Emmanuel qui déclare : « Je suis très touché par le départ de Michel que j’appréciais énormément. C’était un grand militant qui avait payé cher son engagement syndical chez Berliet. Il animait merveilleusement la formation des militants et avait un vrai sens de la pratique syndicale. Je garde un souvenir ému et respectueux de son engagement syndical, celui d’un syndicaliste authentique. Merci d’avoir rencontré un tel militant CFDT qui m’a beaucoup apporté. »
Jean Pierre, militant cédédiste chez Berliet et au syndicat de la métallurgie poursuit : « Michel était pour moi un militant animé d’une conviction inébranlable, qu’il a confirmé en se maintenant à son poste de permanent et en payant le prix fort : son licenciement. Michel fait partie des hommes, des femmes, qui ont milité pour la reconnaissance des droits syndicaux dans l’entreprise, animés d’un courage, face à l’arbitraire. Il est, ils sont, aujourd’hui, un témoignage essentiel à la mémoire du syndicalisme. »

Et Alain Camagne a donné le point d’orgue en ces termes : « A l’écoute de ces quelques mots, de ces quelques phrases, de ces quelques témoignages, nous sommes avec toi, nous sommes, avec Rosario, avec François et Sofia, avec Louis et Paul, avec Geneviève, et nous te disons merci pour tout ce que tu as fait. Puisse le souvenir de ce moment de partage, d’amitié, de solidarité, combler un peu ton absence et nous donner la force d’emprunter les chemins que tu nous a tracés. »