L’Italie sur les écrans : Nostagia, L’immensita, L’Ombra di Caravaggio, Interdit aux chiens et aux italiens : des films à voir absolument !

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Primé au festival du cinéma d’animation d’Annecy en juin 2022, puis projeté en septembre lors du 40e festival du cinéma italien, le film Interdit aux chiens et aux italiens parle fort aux descendants de l’immigration (© DR).

Par Jean-François Cullafroz-Dalla-Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien à Genève).

Sur fond de vie napolitaine et de maffia, le filmNostalgia évoque les retrouvailles de deux ex-amis adolescents (© DR).

L’Italie brille de mille feux sur les écrans des salles obscures. Avec Interdit aux chiens et aux Italiens , qui est sorti mercredi 25 janvier 2023, ce n’est pas moins de quatre longs métrages qui sont à l’affiche. Retour sur quelques pépites du 7e art qui franchissent enfin la frontière et les montagnes. Et à Lyon, ville aux influences transalpines, il faut souligner les programmations régulières de l’Institut culturel italien et de la société Dante Alghieri, et annuellement les Rencontres autour du cinéma italien de l’Université Lyon3 Jean Moulin et du cinéma Le Comoedia.

Après Michel Ange sorti il y a deux ans, L’Ombra di Caravaggio (Caravage), balaie la vie artistique et politique italienne entre Florence, Rome et Naples au temps de la Renaissance (© DR).

Dans Interdit aux chiens et aux Italiens, Alain Ughetto revient sur son histoire personnelle, celle d’une famille émigrée des montagnes du Piémont à la fin du 19e siècle.

Ce long métrage d’animation d’une grande beauté, m’a empli d’émotion car je partage l’héritage d’Alain Ughetto.

Tra Piemonte et la Vicentino

Un legs reçu après le parcours d’émigration de ma famille Dalla-Riva. Ma maman Élisa, et mes grands-parents, François Dalla-Riva et Rose Renon et leurs six enfants, ne venaient pas d’Ughettera, au pied du Mont Viso comme le réalisateur provençal, mais de Piovene-Rocchette, un village de Vénétie voisin de Vicenza, dans le piémont du massif des Dolomites.

Comme les grands parents d’Alain Ughetto, ils ont fui le fascisme créé par le régime naissant et dictatorial de Mussolini.

Ma maman, au premier plan à gauche était entourée de ses six frères et sœurs et de leur maman, en 1923, avant leur départ d’Italie (© DR/ Pierre Nouvelle).

Alain Ughetto était déjà venu à Annecy, notamment lors de la présentation de son film Jasmine en 2014; puis en juin 2022, où il a reçu le prix du jury du festival du cinéma d’animation. Toujours habitant de Marseille, le cinéaste explique comment il a retrouvé cette identité de fils de migrant.

Mario Martone était à l’affiche du 40e festival du cinéma italien à Annecy avec la présentation de trois opéras produits entre 2020 et 2022 : Le Barbier de Séville, la Traviata et la Bohême.9

Pierfrancesco Favino, du repenti au pardonné

C’est lui que l’on peut retrouver dans Nostalgia avec au premier plan Pierfrancesco Favino, présent à Annecy en 2019 pour présenter le film Il traditore le film du réalisateur milanais Marco Bellochio. Dans Le Traitre, l’acteur incarnait un repenti de la mafia, et le film tournait autour de sa relation avec le juge Giovanni Falcone , qui au fil des interrogatoires pris un tour amical.

Ici avec Nostalgia, c’est une amitié adolescente brisée, au lendemain d’un crime non prémédité. Le temps n’aura pas pansé les plaies, et quarante années plus tard, le parcours de pardon initié par le prêtre de la paroisse, ne permettra pas à Felice de renouer avec Oreste, le parrain du quartier de la Sanita. C’est aussi une très belle peinture d’ambiance de la cité napolitaine que déploie le spécialiste des tableaux lyriques.

Avec Michel-Ange, Andréï Konchalowsky a signé un magnifique portrait du génial artiste et de ses rapports complexes avec les puissants de l’époque, dont les papes successifs
(© DR).

Histoire de peinture aussi avec Caravage décrite par Michel Placido. Ce quinzième long-métrage d’un artiste qui a incarné une dizaine de rôles dans le 7e art, doit beaucoup aux origines du cinéaste et à sa première expérience professionnelle dans la police.

Avec lui, on découvre l’histoire souvent ignorée d’un peintre qui marqué l’histoire italienne au cœur de la Renaissance. Les rapports avec les princes de l’époque, le poids moral de l’Eglise catholique, et la puissance de son bras séculier représenté par l’Ombre (Louis Garrel), l’Inquisition sont mis en lumière.

D’un Michelangelo à l’autre

Le parcours de Michelangelo Merisi da Caravaggio croise, en filigrane, celui de son précurseur Michelangelo di Lodovico Buonarroti, dit Michel-Ange, auquel Andreï Kontchalovski a consacré un film il y a trois ans.

Entre Naples et Rome, Michele Placido met en lumière l’amitié amoureuse entre le peintre (Riccardo Scamarcio) et la comtesse Colonna (Isabelle Huppert). Une actrice qui fait face sur les écrans avec Penelope Cruz dans L’Immensita, le tout dernier film d’Emanuele Crialese.

Une histoire dramatique malheureusement commune, sur une toile de fond romaine, qui cultive un huis-clos parfois angoissant.

On ne peut que se féliciter d’une telle programmation… mais on doit regretter que les films outre-alpins ne franchissent pas plus souvent la barrière alpine, alors qu’à Annecy, Locarno, Venise, Villerupt… les productions abondent.

Alors, à ce titre, soulignons en terre lyonnaise (jadis gallo-romaine et aux influences milanaises), les initiatives permanentes de l’Institut culturel italien et de la société Dante Alighieri, et ponctuellement par le complexe cinématographique Le Comoedia, avec par exemple, les 7e rencontres autour du cinéma italien placé sous l’égide de l’Université Lyon3 Jean Moulin.


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