Givors-Grigny-Brignais : sur la voie du retour des trains-voyageurs…

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Par Jean-François Cullafroz, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien de Genève)

Le prolongement du tram-train de l’Ouest Lyonnais devrait déboucher ici en lien avec la ligne SNCF Lyon-Saint-Étienne, (© Pierre Nouvelle).

Avec le changement écologiste à Lyon et la décision d’impulser un RER, et en lien avec la volonté de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le tram-train est attendu du côté de Grigny et Givors, deux communes rhodaniennes au sud de la Métropole lyonnaise. Une liaison nouvelle pour se déplacer qui serait mise en relation avec la ligne Lyon-Peyraud et sa déclinaison entre Lyon et Condrieu. Nous avons cheminé sur la voie Grigny-Brignais pour constater l’état du terrain et imaginer les travaux à mettre en œuvre.

C‘est aux abords de la cité cheminote de Grigny (Rhône) qu’a débuté notre parcours (© Pierre Nouvelle).

Ce qui a été fait entre Lyon et Brignais pourrait être prolongé jusqu’à Grigny et Givors

La ligne SNCF Givors-Paray-le-Monial est une des très anciennes voies ferroviaires françaises ouverte en mars 1898 et fermée à la circulation voyageurs en 1937, tout en restant classée voie stratégique militaire.

Depuis 1991, elle a repris du service sur la partie Tassin-Brignais, puis a été considérablement améliorée depuis 2012. En effet, les rames Citadis ont remplacé les autorails, comme sur la ligne Gorge-de-Loup et Sain-Bel.

Mais la partie Grigny-Brignais a été laissée en déshérence, et nous l’avons testée. Bernard Deschamps, amoureux du chemin-de-fer, et co-fondateur de l’association des usagers des TER de la vallée du Rhône, nous conduisait.

Il présente le début de la ligne Grigny-Givors.

Au PK 134, c’est à dire à 134 kilomètres de Paray-le-Monial, nous sommes au début d’une marche de 13 kilomètres. D’ici l’arrivée à Brignais, nous allons franchir cinq ponts, tous de petite taille, à l’exception de celui de Grigny et de Vourles, qui sont plus conséquent.

Un premier pont enjambe la rue qui sort de la cité SNCF de Grigny (Rhône). Nous en franchirons ainsi cinq, en apparence dans un état satisfaisant (© Pierre Nouvelle).

Sur cette ligne qui débute par l’implantation de deux voies, toujours présentes sur une bonne partie du parcours, nous allons franchir cinq passages à niveau, dont deux seulement situées sur des routes, les autres ouvrant le chemin vers des champs.

Un des cinq passages à niveau que nous avons croisés (© Pierre Nouvelle).

D’un trafic marchandises agricole ou industriel…

Cette ancienne voie, PLM devenue SNCF en 1937, exploitée pour les voyageurs a aussi servi au transport de fret, en l’occurrence des fruits fournis par les nombreux vergers de Charly, Vourles, Millery… Sur cette commune, cinq voies encore apparentes, avaient été construites pour accueillir les trains, et aussi desservir une carrière voisine de la gare de Millery-Montagny.

Devant le bâtiment, Bernard Deschamps fait le point de ses découvertes.

… à un retour des voyageurs grâce à une emprise préservée

Sur un ballast qui n’a plus été trafiqué depuis une trentaine d’années, les ronces, déjà présentes entre Grigny et Millery ont laissé place à des arbustes qui nécessiteront un évident débroussaillage.

Mais il est à noter que l’emprise ferroviaire n’a pas été concédée et donc qu’aucune construction n’empêche la rénovation de la ligne. Une voie unique centrale peut donc être envisagée avec la possibilité de croisement.

La ligne Grigny-Brignais est extrêmement agreste, parfois en contrebas des habitations qui sont d’ailleurs moins nombreuses qu’entre Lyon et Brignais (© Pierre Nouvelle).

Des zones rurales qui se peuplent de futurs voyageurs

Depuis une vingtaine d’années, les zones rurales proches de Lyon se sont peuplées d’une population qui a déserté en grand nombre le cœur de la métropole et des Zup qui la bordaient.

C’est le cas par exemple à Vourles dont la population a été multipliée par trois en trente ans pour friser pas moins de 3 500 habitant.e.s. Situation analogue chez sa voisine de Millery, qui a doublé pour dépasser les 4 500 personnes.

Au bas du village de Vourles, une rue signalant que la gare était implantée ici, borde un terrain qui pourrait devenir un parking de rabattement sur ce territoire où la population est allée en croissant (© Pierre Nouvelle).

Moins de voitures sur les routes et moins de pollution

Ces nouveaux d’habitant.e.s restent tourné.e.s vers Lyon pour leur emploi, et doivent chaque jour affrontés une circulation routière de plus en plus dense. Et à défaut de parkings suffisants à Brignais, la réouverture de gares serait un bienfait pour la population de ces territoires, pour l’écologie en général et le bienêtre atmosphérique et sonore.

Arrivé en gare de Brignais après quatre heures et demie de marche, Bernard Deschamps tire les enseignements du parcours accompli sur une voie qui pourrait bien rouvrir dans les cinq années à venir.

Tout repose sur la volonté politique

Comme cela a pu se faire entre Lyon-Saint-Paul et Brignais, via Écully, Tassin, Alaï, Francheville et Chaponost, c’est la volonté politique des deux collectivités concernées (Métropole de Lyon et région Auvergne-Rhône-Alpes) qui sera décisive pour la réouverture de la ligne Brignais-Givors.

Les prises de position et la détermination de tous les maires et deux communautés de communes de Brignais et de Mornant devraient aider à cette avancée, qui pourrait se concrétiser avec les nouveaux élu.e.s régionaux. En effet, ce prolongement de ligne aurait toute sa place dans le futur contrat de plan Etat-Région 2021-2027.

Le tram-train est le moyen de transport, souple, rapide et n’ayant pas à pâtir de l’encombrement routier ni des difficultés liées au Nœud ferroviaire de la Part-Dieu (© Pierre Nouvelle).

(à suivre)

Notre prochain article : SNCF-Réseau Auvergne-Rhône-Alpes : une foison de demandes

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