Debout les femmes : un film documentaire émouvant et très percutant

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Sorti sur les écrans le 13 octobre 2021, jusqu’à mardi 8 novembre, le film
Debout les femmes ! était à l’affiche du cinéma lyonnais Comoedia. Pour trouver la liste des cinémas où il est projeté cliquez sur ce lien https://jour2fete.com/film/debout-les-femmes/ (© Pierre Nouvelle).

Par Jean-François Cullafroz- Dalla Riva , journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien à Genève)

Le réalisateur Gilles Perret et le journaliste-député François Ruffin ont une longue expérience commune en matière de documentaire (© Gilles-Perret-Les-400-clous).

Avec l’annonce du confinement puis à sa sortie, la promesse de reconnaissance des métiers de service a été faite par le président de la République. Pourtant, entre les déclarations d’Emmanuel Macron et les positions de sa majorité et les députés LREM, il y a manifestement un fossé criant d’injustice. C’est le fil rouge du film « Debout les femmes ». Entre l‘hémicycle de l’Assemblée nationale et la vie de province, dans le cadre d’une Mission parlementaire, le député insoumis François Ruffin et son collègue LREM Bruno Bonnel sont allés à la rencontre de femmes de ménage, auxiliaires de vie sociale, assistantes maternelles et autres aides-ménagères… « Debout les femmes » est un documentaire qui suscite l’émotion et l’adhésion à la cause des femmes, et qui devrait déboucher, si les parlementaires avaient un cœur et étaient de bonne foi.

Le film débute à Paris, visite l’Amiennois et les ports des Hauts-de-France, et se conclut à Lyon avec un repas concocté par le député Bruno Bonnell, avec au menu du saucisson chaud pistaché et garni de morilles, agrémenté de quenelles de brochet à la mode de Paul Bocuse (© Pierre Nouvelle).
Le multiplexe cinématographique s’applique à diffuser des films de qualité français et étrangers qui ne trouvent pas souvent place sur les écrans habituels (© Pierre Nouvelle).

Son discours à la tribune de l’Assemblée nationale avait circulé et il m’avait impressionné.

La face cachée de l’Assemblée nationale

Qu’un jeune parlementaire puisse renvoyer à la face de ses collègues la réalité vécue au sein même des immeubles législatifs, voilà qui ne manquait pas de panache.  » Vous savez à quoi on reconnaît un riche ? C’est quelqu’un qui ne nettoie pas ses toilettes lui-même. Et le plus souvent, c’est une femme, précaire, qui le fait », interrogeait-il, évoquant sa rencontre le matin-même avec une femme de ménage, à la porte de son studio au 101 de la rue de l’Université, dans un des bâtiments parisiens de l’Assemblée nationale.

C’était le 8 mars 2018, jour-anniversaire des droits des femmes, et il défendait la proposition de loi du Parti communiste français sur la précarité des femmes.

Des professionnels des médias fiers de leur engagement

Bien sûr, journaliste, je suivais l’aventure de Fakir, le mensuel qu’il avait lancé, s’écartant volontairement des chemins classiques qui le révoltaient, dès sa sortie du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris.

Alors, témérité, aventurisme… ? Pas du tout ! François Ruffin, comme son camarade Gilles Perret sont des hommes d’engagement. Expert en médias, ils mettent leur professionnalisme au service des personnes « sans voix ». Ainsi, Gilles Perret a-t-il réalisé Walter, retour en résistance, Les Jours heureux, L’Insoumis, J’veux du soleil, un travail collaboratif avec François Ruffin, lui-même auteur de Merci Patron !, avec qui il signe Debout, les femmes !

Au fil de nombreux témoignages de femmes, le film Debout les femmes ! met en lumière l’indispensable reconnaissance de la dignité des personnes âgées et de celles qui les accompagnent (© DR/ Erwan-Lesne-Ville-de-Dieppe).

Des témoignages vrais et émouvants

Gilles Perret et François Ruffin ne font pas dans le larmoyant. Faire pleurer les chaumières n’est pas leur tasse de thé, mais ils savent toucher le cœur en livrant des moments de la vraie vie, celle de femmes qui multiplient au quotidien des emplois précaires pour atteindre 800 euros par mois.

A la sortie de la salle 8 du cinéma lyonnais Comoedia, l’émotion était sensible dans les propos des personnes interviewées. A commencer par Claire, une professionnelle du secteur des métiers de service.

Pour Gérard, c’est un sentiment de contentement qui dominait avec un encouragement aux deux réalisateurs du film.

Gwendoline a pleuré à la vision de certains témoignages, mais pour cette jeune femmes, ce sont de bonnes larmes qui incitent à l’action pour que ces situations d’injustice soient abolies.

Anka et David sont venus en couple visionner le film de François Ruffin et Gilles Perret. Eux-aussi sont sur le mode de la révolte.

On discutait fort, sur le trottoir, devant le multiplexe Comoedia où l’on honore les films de qualité souvent ignorés des grands circuit. Trois copains : Raphaël, Florent et Raphaël, échangeaient sur le documentaire qui, eux-aussi les avait frappés.

Ils ont accepté de livrer leurs réactions, ne négligeant pas de parler des débouchés politiques, et des façons multiples de l’engagement pour changer la société.

Pour conclure ce « papier », je me suis hasardé à livrer, à chaud et modestement, un message à mes collègues François et Gilles.

Merci à vous amis !

Retrouvez une interview croisée de Gilles Perret et François Ruffin avec des extraits du film, sur Blast, le nouveau média indépendant.

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