L’apiculteur, les abeilles et les moutons : des espèces en voie de disparition ?

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Par Jean-François Cullafroz, journaliste honoraire

Des abeilles et des hommes, le long métrage documentaire de Markus Imhoof, est actuellement sur les écrans. Jean-Paul Lamy, qui a longtemps été directeur du cinéma Nuiton de Nuits-St Georges, est aussi depuis cinquante ans apiculteur. Il assure donc avec plaisir la promotion de ce film tourné entre le Tyrol et la Californie. Les dangers des pesticides n’ont plus de secrets pour celui qui veut contribuer à la défense de la nature, de son patrimoine et d’habitudes culturales respectueuses de la vie des différentes espèces qui peuplent la terre. Un film, qui vient illustrer les récentes études effectuées aux Etats-Unis. A voir et à recommander comme le tout dernier La puce à l’oreille qui ausculte la filière ovine, du berger à l’abattoir industriel.

Car comme le révelait la presse écrite il y a quelques jours, cinq ONG américaines  et quatre apiculteurs ont porté plainte contre l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).  Leur motivations sont simples, cette agence gouvernementale a autorisé la mise en marché de pesticides sans contrôler sur la durée leur nocivité. Des autorisations qui devaient être conditionnelles se sont révélées permanentes. « Plus de 11 000 pesticides sont vendus aux etats-Unis sans avoir été bien testés », titrait le quotidien Le Monde du 30 mars 2013.

Entre médicaments, insecticides et  produits cancérigènes

L’industrie agrochimique joue sur plusieurs tableaux sans grand souci de la santé de la nature, des animaux et des hommes. Et c’est là que le bas blesse, car de fait les composants de ces insecticides comme la clothianidine (principe actif du Gaucho) ont manifesté leur nocivité. Or une étude menée par l’université Purdue a révélé que les semence enrobées de ce produit contenait jusqu’à 700 000 fois la dose mortelle pour les abeilles.

Depuis de nombreuses années, en France et en Europe, les apiculteurs se plaignent du gaucho, utilisé pour protéger des cultures OGM comme la maïs et le soja. Aux Etats-Unis où ces pesticides sont censés protéger aussi la culture du coton, les apiculteurs soulignent la perte de grand nombre de colonies d’abeilles, et des arboriculteurs californiens sont inquiets, car leurs amandiers ne produisent plus, la pollinisation que l’on doit aux abeilles ne s’effectuant plus.

En cause notamment des firmes européennes comme Bayer, mais aussi Monsanto, qui fabrique le Roundup, lui aussi particulièrement nocif. On comprend mieux que l’apport positif des abeilles en matière de reproduction des plantes soit mis en cause, au même titre que l’a été la compétence de différents universitaires, tel le professeur Seralini, lui qui a eu l’impudence de dénoncer l’influence cancérigène de certains pesticides.

Responsabilité collective et individuelle

La responsabilité est bien sûr, dans le camp des grandes firmes agrochimiques, qui mêlent allègrement fabrication de médicaments et productions de pesticides et de semences OGM. Cela n’empêche pas que chacun d’entre nous est aussi responsable par les achats qu’il réalise, que ce soit des produits alimentaires ou des insecticides de jardin. Responsable aussi pour que les députés adoptent un moratoire sur les pesticides si la pétition lancée par le Réseau des conservatoires des abeilles et pollinisateurs recueille suffisamment de signatures.

 » Plus de 1 000 colonies d’abeilles sont décimées en France chaque jour  En seulement six ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait directement corrélé à la disparition des abeilles « , souligne ce collectif anti-pesticides, citant France Agrimer, organisme public.

Cela ne saurait donc aussi occulter la responsabilité des états, la France par exemple, comme l’Europe.

C’est ce que montre le film Des abeilles et des hommes qu’il est indispensable de proposer aux salles de cinéma de diffuser. Jean-Paul Lamy, cinéphile et apiculteur, explique la situation française du monde des abeilles et de l’apiculture. Rencontré lors d’une soirée-débat au cinéma Arletty à Autun, il détaille son point de vue.

Ces errances multiples de la part des firmes agrochimiques, avec la complicité plus moins avouée de certaines nations renforce la pertinence des propositions avancées par des personnes comme Pierre Rabhi pour une civilisation sans argent.

Pierre Rabhi peut être invité pour témoigner durant des soirées publiques, tout comme le film Des abeilles et des hommes peut-être suggérer aux responsables de salles de cinéma. D’autant qu’au delà du témoignage militant qu’il développe, il comportev d’indéniables qualités cinématographiques, avec des vues inouïes au coeur même de ruchers.

A partir de la région Provence-Côte d’Azur, les moutonniers se mobilisent. (c Synaps collectif audiovisuel)

Il est aussi un autre documentaire qui mérite la diffusion. Il s’agit de La puce à l’oreille qui montre qu’au delà du suivi électronique des troupeaux bovins, c’est l’ensemble des moutonniers qui sont observés de près, sans pour cela que la qualité de la viande propsée aux consommateurs ne soit exempte des dérives de la filière industriellez. « Derrière la puce RFID et les ordinateurs, il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie », soulignent les réalisateurs du film; Antoine Costa et

Florian Pourchi. On peut organiser des soirées-débat comme le fera la médiathèque de Coaraze, un petit village de l’arrière-pays niçois lundi 8 avril 2013 lors d’un des Lundis de la médiathèque

 

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