Lyon (Rhône) : 140 ans de syndicalisme entre Lyon et Paris, un colloque CFDT-CFTC le 3 décembre 2026 à l’École normale supérieure de Lyon (3) : La place prise par les journalistes parisiens et les ouvrières dauphinoises du textile

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s sa création en 1886, le Syndicat des journalistes français, membre de la Corporation des publicistes chrétiens ont édité un bulletin pour relater son activité (© Pierre Nouvelle).

Par Jean-François Cullafroz-Dalla Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien à Genève).

Au fil de quarante ans de compagnonnage dans le milieu de la presse et au contact des syndicats de journalistes, Denis Ruellan a écrit plusieurs ouvrages de recherche (© Pierre Nouvelle).

Le 3 décembre 2026, l’amphi Descartes de l’École normale supérieure à Lyon accueillera le colloque intitulé 1886-2026 : 140 ans de syndicalisme entre Lyon et Paris. la Corporation des employés de la soierie lyonnaise et la Corporation des publicistes chrétiens et de son Syndicat des journalistes français seront au point de départ de cette rencontre universitaire et militante organisée sous l’égide du laboratoire Larhra, par la CFDT Auvergne-Rhône-Alpes et la CFTC du Rhône, et soutenue par la CGT. Rencontre avec Andrée Gautier et Denis Ruellan, deux historiens qui ont travaillé sur les ouvrières du textile et sur le monde de la presse, qui devraient apporter leurs contributions dans ce colloque. Prémices de leurs interventions.

Andrée Gautier a enquêté sur les débuts de l’industrie textile dauphinoise et la naissance des syndicats. Elle en a fait sa thèse de doctorat (© Pierre Nouvelle).

Le Syndicat des journalistes français (SJF) a été fondé en 1886 par Eugène Tavernier (L’Univers) et Jules Cornély (Le Figaro), les premiers journalistes à s’investir dans l’enseignement de leur métier. Présidé par Victor de Marolles, il est hébergé par l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers, qui crée l’année suivante le Syndicat des employés du commerce et de l’industrie (SECI). Trente ans plus tard, le SECI et le SJF seront les piliers de la création en 1919 de la CFTC.

Alors que naissent d’autres associations professionnelles de journalisme (Association de la critique dramatique et musicale et l’Association syndicale professionnelle des journalistes républicains français, le SJF est une des deux branches de la Corporation des publicistes chrétiens, qui fédère aussi des écrivains.

Denis Ruellan, professeur honoraire de Sorbonne-Université, baigne dans le milieu de la presse depuis près de quarante ans, et après des débuts en journalisme, comme reporteur puis photographe, à la fin des années 1980 (hebdomadaires Réforme et Témoignage Chrétien…), il devient enseignant-chercheur en journalisme. C’est à ce titre qu’il a travaillé sur l’histoire des syndicats de journalisme dont CFDT-Journalistes héritier de la Corporation des publicistes Chrétiens et de son syndicat des journalistes français.

Denis Ruellan revient sur le contour de ces deux organisations.

Alors qu’à Paris émergeaient les premiers syndicats, dont celui des journalistes français, dans le département de l’Isère, autour des usines textiles, les femmes ouvrières furent les pionnières du mouvement social.

Autour de Renage, Voiron, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, elles s’organisèrent soit au sein de syndicats libres ou de la CGT naissante.

La commune de Voiron fut un lieu important de l’engagement des ouvrières du textile
(© Pierre Nouvelle).

Dans sa thèse de doctorat, Andrée Gautier a enquêté sur les débuts de l’industrie textile dauphinoise et la naissance des syndicats où les femmes étaient aux avant-postes.

Comme elle l’a fait l’historienne Michelle Perrot, Andrée Gautier a mis en lumière, la création des manufactures textiles, qui eurent pour première main-d’œuvre de très jeunes filles employées dans des usines-pensionnats, puis gardiennées par des religieuses hors de la journée de travail.

Avec André Vessot, responsable du Groupe de travail Histoire-mémoire-archives de la CFDT du Rhône, nous l’avons rencontrée. Elle raconte.

A Paris, la Corporation des publicistes chrétiens distingue créée 1886, les deux métiers de journaliste et écrivain pour la première fois en 1895. Elle prend alors une tournure plus syndicale, qui la conduit à fonder une caisse de retraite, puis une caisse de prévoyance en 1903.  

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Lunité d’action officielle des syndicats de journalistes date de 1966, avec la fondation de l’Union nationale des syndicats de journalistes au siège confédéral CFDT de Bierville (© Pierre Nouvelle).

Dans la foulée de l’accord d’unité d’action CGT-CFDT du 10 janvier 1966 signé par Georges Séguy, futur secrétaire général de la CGT, et par Eugène Descamps, secrétaire général de la CFDT, les syndicats de journalistes SNJ, CFDT, SNJ-CGT et FO se retrouvent au siège du centre confédéral CFDT de formation à Bierville et fondent le 22 janvier 1966 l’Union nationale des syndicats de journalistes.

Depuis, avec des hauts et des bas, l’unité d’action des syndicats de journalistes s’est poursuivie avec des actions notables : convention collective nationale, lutte contre le papivore Robert Hersant, action pour le maintien de l’abattement fiscal, reconnaissance des pigistes comme journalistes à part entière, lutte permanente pour le pluralisme de la presse…

Le 18 juin 2026, ils seront ensemble à Paris dans la rue pour manifester avec trente-cinq autres organisations pour pour défendre les métiers de l’information, piliers de la démocratie.

Denis Ruellan a suivi de près l’action des journalistes et de leurs syndicats. Il témoigne de ses observations.

Le Dauphiné a accueilli à la fin du 19e siècle des usines textiles souvent créées par des patrons lyonnais. Dans ces manufactures de soierie dévolues au moulinage, puis au tissage, les salariés, dont un nombre important de femmes subissaient des conditions de travail très pénibles avec de très bas salaires.

Des délégués syndicaux, parfois venus de Lyon ou Grenoble, venaient prêter main-forte aux ouvrières en lutte (© Pierre Nouvelle).

Le film Mélancolie ouvrière, rapportant l’engagement de l’ouvrière Lucie Baud , est exemplaire de l’engagement des femmes, qu’elles appartiennent aux organisations CGT ou aux syndicats libres, souvent d’obédience chrétienne.

Andrée Gautier parle des luttes féminines, notamment entre Voiron et Vizille (Isère).

L’année 1886 a été remarquable aussi bien à Lyon qu’à Paris. Entre Rhône et Saône, nait un des premiers syndicats chrétiens, et quelques mois plus tard, dans la capitale des Gaules, est fondée la Fédération nationale des syndicats, qui s’unira en 1895 avec la Fédération des Bourses du travail pour fonder la confédération CGT.

Réformisme ou révolution, avec dialogue social et lutte des classes, étaient en toile de fond de la création des corporations et des syndicats au début de la Troisième République et de ses lois sociales. Cette dialectique reste-elle présente 140 ans après, telle sera le fil rouge du colloque organisé par la CFDT et la CFTC, avec le soutien de la CGT.

Renseignements : 06 07 94 76 65

(à suivre)

Notre prochain article :

Lyon (Rhône) : 140 ans de syndicalisme entre Lyon et Paris, un colloque CFDT-CFTC le 3 décembre 2026 à l’École normale supérieure de Lyon (4) : Bernadette Angleraud parle du Christianisme social

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