Jean-Gérard Cailleaux : un confrère, un camarade, un ami s’en est allé…

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Reportage de Jean-François Cullafroz, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272

 

Jean-Gérard Cailleaux était un vrai gars du Nord: un homme chaleureux, un professionnel tenace et un militant syndical toute sa vie (© DR/M. Pierre).

Jean-Gérard Cailleaux était un vrai gars du Nord: un homme chaleureux, un professionnel tenace et un militant syndical toute sa vie (© DR/M. Pierre).

Né le 25 avril 1950 à Arras, Jean-Gérard Cailleaux a été journaliste toute sa vie. A La Voix du Nord tout d’abord de 1974 à l’an 2000, puis il a terminé sa carrière comme rédacteur en chef du magazine Témoins. En 2000, alors qu’il était en recherche d’emploi, il avait choisi comme pseudonyme  « Gens de Bucquoy », du nom de sa commune de naissance dans le Pas-de-Calais. Il a été syndicaliste toute sa vie professionnelle. A la CFDT tout d’abord d’abord pendant trente-et-un ans, puis à partir de 2005 à la CGT. il s’est éteint dans son sommeil dans la nuit du 23 au 24 octobre 2018.

La carte de presse est pour un journaliste un sésame indispensable. Tant pour faire respecter son statut social que pour l’exercice de sa profession. Un document de plus en plus indispensable dans un univers social dérégulé. Jean-Gérard Cailleaux y tenait beaucoup, comme ses 36 000 consœurs et confrères. Il était fier d’avoir en poche sa carte n°34 616, obtenue le 21 juin 1974, après avoir été journaliste « stagiaire », deux mois plus tôt, à compter du 23 avril 1974. Depuis, elle lui a été renouvelée jusqu’en 2015 où il a pu mettre dans son portefeuille sa carte de journaliste professionnel honoraire.

lorsqu'il part à la retraité, un journaliste professionnel qui a travaillé au moins trente annes peut obtenir sa carte de presse honoraire (© Pierre Nouvelle).

lorsqu’il part à la retraité, un journaliste professionnel qui a travaillé au moins trente années peut obtenir sa carte de presse honoraire (© Pierre Nouvelle).

Dans le courrier joint à sa demande de carte honoraire, il indiquait : «  Officiellement journaliste professionnel depuis le 1er novembre 1973, j’ai travaillé à La Voix du Nord jusqu’en juin 2003, puis du 1er novembre 2008 au 31 décembre 2013 comme secrétaire de rédaction pour le magazine Témoins, tout en étant secrétaire général adjoint du SNJ-CGT ».

Entre les deux activités professionnelles précitées, alors qu’il avait quitté le quotidien nordiste, il avait obtenu sa carte en situation de demandeur d’emploi en de 2002 à 2006, avec une interruption en 2007.

« Je garderai de lui le souvenir d’un ancien et joyeux compagnon de route professionnel et syndical, et d’un ami au parler vrai », témoigne Fernand Rolet, qui était un de ses collègues à La Voix du Nord. Et ses camarades du SNJ-CGT rappellent son parcours en ces termes : « Originaire de Bucquoy, Jean-Gérard n’a jamais quitté sa région et avait choisi la voie du journalisme exerçant ses talents au sein de la rédaction de la Voix du Nord. A Arras, à Douai puis comme chef d’agence à Liévin il couvrait l’actualité locale avec professionnalisme ».

Viscéralement attaché à la profession, norre confrère est resté journaliste plus de quarante ans, toujours fidèle à ses convictions et son engagement (© DR/CCIJP).

Viscéralement attaché à la profession, norre confrère est resté journaliste plus de quarante ans, toujours fidèle à ses convictions et son engagement (© DR/CCIJP).

Syndicalement, d’abord à la CFDT…

La section syndicale CFDT à La Voix du Nord a été créée le 12 novembre 1974, et Jean-Gérard Cailleaux, nouvellement embauché au sein de ce quotidien, l’a  rejoint peu de temps après.

En 1981, à Toulouse, il est élu au conseil national du Syndicat des journalistes français CFDT (SJF-CFDT) au titre des sections comme suppléant Nord (titulaire : Michel Borel). Au congrès de Strasbourg, en 1983, il est élu au conseil national du SJF au titre des sections comme titulaire, toujours avec Michel Borel. En 1984, il accepte la responsabilité de trésorier pour les journalistes de la région Nord Pas-de-Calais et de membre du Conseil du Syndicat de l’information, du livre et de l’action culturelle (SILAC) Nord-Pas-de-Calais qui est créé en 1985.

Dans ses terres, à Arras, en 1986, il est élu au Bureau national du SJF et en devient le trésorier. Il le restera jusqu’en 2004, quels que soient les aléas de modifications structurelles du plus ancien syndicat de journalistes français (SJF, puis USJF, puis USJ et aujourd’hui CFDT-Journalistes). il présente pour la dernière fois le rapport financier à l’assemblée générale de Strasbourg le 16 octobre.

Depuis sa crétion à la Libération, le quotidien La Voix du Nord a beaucoup évolué. Au nom de la CFDT, Jean-Gérard Cailleaux était aux premières loges quand nationalement a été discutée l'informatisation des rédactions de la presse quotidienne régionale (© DR/VDN).

Depuis sa création dans la résistance à l’occupant nazi, le quotidien La Voix du Nord a beaucoup évolué. Au nom de la CFDT, Jean-Gérard Cailleaux était aux premières loges quand nationalement a été discutée l’informatisation des rédactions de la presse quotidienne régionale (© DR/VDN).

… puis au Syndicat national des journalistes CGT

Dans la foulée de la réforme des retraites et de l’accord exprimé par la CFDT, alors dirigé par François Chérèque, il n’est pas signataire de la lettre « Pourquoi nous quittons la CFDT ». Un texte écrit en octobre 2004, suite à une assemblée générale des journalistes CFDT au siège de l’Agence France Presse, en désaccord avec les positions de la confédération CFDT.

Après avoir quitté la Voix du Nord, il a également quitté la CFDT, et s’est rapproché du SNJ-CGT auquel il a adhéré en 2005. Il est élu rapidement trésorier national avant de devenir permanent salarié du SNJ-CGT, période pendant laquelle il faisait quotidiennement le trajet Cambrai – Montreuil.

Après plusieurs années de rcherche d'emploi, c'est comme responsable du magazine Témoins que Jean-Gérard Cailleaux a terminé sa carrière de journaliste, tout en étant devenu un des responsables du syndicat national des journalistes CGT qu'il a rejoint en 2005 (© DR/Témoins).

Après plusieurs années de recherche d’emploi, c’est comme responsable du magazine Témoins que Jean-Gérard Cailleaux a terminé sa carrière de journaliste, tout en étant devenu un des responsables du syndicat national des journalistes CGT qu’il a rejoint en 2005 (© DR/Témoins).

« Sa présence discrète mais efficace, son dévouement sans faille et sa compétence militante va nous manquer. Nos rencontres, notamment lors des commissions arbitrales des journalistes étaient toujours empreintes de sympathie et même d’affection. Bien qu’il ait choisi d’adhérer à un autre syndicat, il reste pour moi le souvenir d’un merveilleux camarade », souligne Pierre Marin, président du SJF-CFDT de 1975 à 1980.

Jean-Gérard Cailleaux a aussi œuvré syndicalement au sein de la Commission nationale paritaire de l’emploi des journalistes (CNEPJ) dont il a été membre du bureau.

Un bon vivant ancré dans terroir

Localier toute sa carrière, Jean-Gérard Cailleaux était un collègue bien inséré dans la région et le département qui m’avait vu naître. Une fois sorti de sa rédaction, il restait à l’affut de tout, tout en s’insérant dans la vie citoyenne, en particulier le monde associatif. Il était l’argentier de la société des Rosati, héritière d’une goguette d’Arras fondée en 1778 et dont la tradition se perpétue.

A ses collègues et ami.e.s originaires d’autres départements, il n’hésitait pas à faire connaître les traditions, coutumes et art du bien-vivre de sa patrie nordiste. Et pour la revue de son association culturelle où peinture, poésie et bonne chère allaient de pair, entre vers et verre, la frontière n’était parfois pas très étanche !

Joyeux drille, toujours prêt à faire découvrir sa région et ses traditions locales, il ne déstestait de faire connaître les breuvages locaux à ses visiteurs et ami.e.s (© DR/JGC/CCIJP).

Joyeux drille, toujours prêt à faire découvrir sa région et ses traditions locales, il ne détestait de faire connaître les breuvages locaux à ses visiteurs et ami.e.s (© DR/JGC/CCIJP).

 

La cérémonie religieuse des funérailles de notre collègue aura lieu le lundi 29 octobre 2018, à 14 h 30, en l’église Saint-Léger de Ribecourt-la-Tour. Elle sera suivie de l’inhumation dans le caveau de famille de Bucquoy (Pas-de-Calais). Réunion à l’église à 14 h 15.

2 commentaires

  1. Cailleaux Anne-Sophie 26 octobre 2018 à 10 h 11 min

    Je vous remercie très sincèrement pour ce bel hommage à notre Papa .

  2. Dominique Zédet 1 novembre 2018 à 11 h 07 min

    Aux réunions des Rosati, il était toujours discret Jean-Gérard, souriant, j’en suis certain heureux d’être là et de s’occuper en tant qu’argentier, des réservations, de la revue annuelle, …, toujours dévoué et bon sang qu’il écrivait bien. Jamais je ne l’ai vu se plaindre pour quelque raison que ce soit. Il aimait les Rosati et s’occuper de diverses tâches sans rechigner. Respect Jean-Gérard. Tu vas nous manquer.

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