Fonctionnaires : A Lyon, quelle suite pour une journée de grève ? (2)

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Reportage de Jean-François Cullafroz, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272

Les fonctionnaires des impôts voisinaient les salariés de l'enseignement supérieur, unis dans un même sentiment d'injustice sociale (© Pierre Nouvelle).

Les fonctionnaires des impôts voisinaient les salariés de l’enseignement supérieur, unis dans un même sentiment d’injustice sociale (© Pierre Nouvelle).

Mardi 10 octobre 2017, les fonctionnaires étaient en grève, et des manifestations ont eu lieu dans 130 villes de France. A Lyon, environ 7 000 personnes ont battu le pavé entre la gare des Brotteaux et la préfecture de région pour réclamer un meilleur pouvoir d’achat et des effectifs dans les services publics..Mais après une journée de protestation réussie, que sera la suite du mouvement. Que décideront les neuf organisations syndicales ? L’unité d’action des fonctionnaires se prolongera-t-elle par des positions intersyndicales pour les salariés et les retraités en regard des grands chantiers sociaux à venir. Micro-trottoir au sein du défilé lyonnais.

L'auséterité incarnée par la baisse des moyens matriels et du nombre des personnels est perçu unanimemet parmi, les fonctionnaires 2017 (© Pierre Nouvelle).

L’austérité incarnée par la baisse des moyens matériels et du nombre des personnels est perçu unanimement parmi, les fonctionnaires 2017 (© Pierre Nouvelle).

Il,y avait des salariés, quelques retraités, mais aussi des lycéens qui ont retrouvé dans la rue des enseignants mécontents.

Ainsi Edgard, élève de terminale L du lycée Lumière dans le 8e arrondissement de Lyon. Là, quinze postes d’emplois aidés pourraient être supprimés, avec des conséquences au niveau de la surveillance dans cet établissement.

 

Et la majorité silencieuse des salariés ?

Dans la rue, sous un vibrant soleil, les slogans fusaient et l’ambiance était chaude. Mais quelle est l’ambiance au sein des services ? S’il est difficile de généraliser pour l’ensemble des Fonctions publiques, le sentiment vécu à la base est très différente. Daniel, postier en fin de carrière le voit bien dans son bureau.

S’il n’a eu aucune difficulté à faire grève,  certains de ses collègues, jeunes et moins jeunes, ne sont pas dans la rue aujourd’hui. Souvent, ils ne le suivent pas, et acceptent d’accomplir plus de tâches avec moins de moyens. Une grande grève paralysant les services publics n’est peut-être pas pour demain.

Transmettre le virus social de l’engagement

Mathias est venu à la manifestation avec son fils car l’école était fermée en raison de la grève. Employé à l’opéra de Lyon, adhérent de la CGT, il parle de la transmission de l’engagement militant.

Tous ensemble, mais avec qui ?

 » Tous ensemble, tous ensemble « , criait-on du côté de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa). Un slogan repris dans d’autres parties du cortège, où comme dans les rangs CGT, on insistait sur la coordination entre salariés des fonctions publiques et du secteur privé.

Tous ensemble, pour aller où ?

La thématique du Tous ensemble a aussi ses partisans dans les rangs cédétistes. Des militants qui ont exprimé à leur responsables confédéraux d’adopter une attitude plus offensive et visible dans la rue.

Exemple avec le point de vue personnel développé par un syndicaliste CFDT de la métallurgie du Rhône. Avec d’autres adhérents de son organisation, il était venu donner un coup de main pour contribuer au service d’ordre pour que la manifestation se passe sans encombre.

Grève, manifestation, négociation dialogue social …

Sur quoi va déboucher les manifestations et la grève des fonctionnaires du 10 octobre 2017 ? D’ores et déjà, le ministre Gérald Darmanin devrait rencontrer les neuf organisations syndicales lundi 16 octobre. Alors, elles pourront analyser les propositions ministérielles et décider de la suite à donner à ces actions.

Entre temps, aura eu lieu la journée de mobilisation programmée par la confédération CGT le 19 octobre, et la façon dont elle sera suivie, entrera dans la capacité de réponse des salariés et retraités aux mesures gouvernementales: A mettre aussi dans le creuset des analyses, la suite de la concertation des confédérations. Concertation débutée discrètement cet été au siège de la CFDT comme l’a confirmé Laurent Berger sur RTL, et poursuivie plus publiquement au siège de la CGT lundi 9 octobre.

Le lendemain de cette rencontre intersyndicale à Montreuil, Jean-Claude Mailly était à Lyon en tête du cortège intersyndical. Il développe son point de vue.

CFDT : une même trajectoire depuis 1978

Avec Force Ouvrière, la CFDT tient la barre des syndicats réformistes. Laurent Berger et son adjointe Véronique Descacq, ont réaffirmé à de très nombreuses reprises ces derniers jours quelle sera la ligne de la première confédération dans les entreprises privées : améliorer les décrets et engager le dialogue social dans les entreprises, tout en se ménageant la possibilité d’actions plus « dures » sur des points centraux comme le sera lé réforme du marché du travail ou l’indemnisation du chômage.

Dans ce positionnement original, au sujet duquel un certain nombre de militants réclament une inflexion plus offensive à l’égard du gouvernement, les responsables cédétistes ont trouvé un appui non négligeable. Lors du rassemblement Le progrès en tête le 3 octobre à Paris, les anciens secrétaires généraux ont été mis à l’honneur par leur successeur Laurent Berger.

Ainsi Jean Kaspar, était au premier rang, assis à côte de Nicole Notat. Il nous a confié son plein accord avec la stratégie de la CFDT.

Le rapport entre les organisations syndicales et l’exécutif gouvernemental reste à suivre,d’autant qu’après le journée d’action solitaire de la CGT, le 24 octobre, l’ensemble des confédérations poursuivront leur analyse de la situation et des actions à décider.

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