Chorale populaire de Lyon : déjà 60 ans !

Posté le par dans Coup de coeur

Reportage de Jean-François Cullafroz-Dalla Riva journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272 et correspondant du quotidien Le Courrier (Genève).

En soixante années d'histoire, la Chorale populaire a su faire évoluer son répertoire, de la dimension militante aux mélodies contemportaines, tout en conserrvant une dimensuin d'engagement (© Pierre Nouvelle).

En soixante années d’histoire, la Chorale populaire a su faire évoluer son répertoire, des airs de la Renaissance aux mélodies contemporaines, tout en conservant une dimension d’engagement (© Pierre Nouvelle).

La Chorale populaire de Lyon a soixante ans. Cet anniversaire a été célébré samedi 25 novembre 2017 en l’église Saint-Germain à Vénissieux (Rhône). Lors de ce concert, la soixantaine de choristes, femmes et hommes, qui compose la chorale, a donné à entendre plus de deux heures de chants, qui allaient de la Renaissance aux mélodies contemporaines, du registre sacré au répertoire engagé et militant. Extraits de ce concert et entretien avec Francis Jaquet, le fondateur et toujours membre de ce chœur qui s’inscrit dans la tradition musicale de Lyon.

Nous avons entamé ce reportage par un extrait du concert du 25 novembre 2017, avec un des deux morceaux qui ont conclu la première partie. Il s’agit d’un hommage aux ouvriere.e.s en soie d’entre Rhône-et-Saône, avec la poésie écrite et mise en musique par le chansonnier parisien Aristide Bruant, dont le peintre Toulouse-Lautrec a colporté le portrait, tout en noir et rouge..

Rouge comme le sang des canuts

En effet, lorsque l’on évoque la Chorale populaire de Lyon, il vient assez spontanément à la bouche le mot Canut. Canut, bien sûr les révoltes ouvrières de 1931-1934, mais aussi les illustrations artistiques qui leur ont donné écho. Et chronologiquement parlant, la chanson d’Aristide Bruant, évoquant en trois couplets les inquiétudes, les raison des luttes croix-roussiennes et l’espérance inscrite au cœur des militant.e.s.

La Chorale Populaire de Lyon est née  dans la capitale des Gaules, dans un creuset proche du Parti communiste français avec des militants de l’Union de la jeunesse républicaine de France. Elle est née de la chorale dédiée à Henri Martin, résistant FTPF, militant anticolonialiste à la libération de la France et emprisonné durant trois ans en raison de ses choix. Aujourd’hui, avec l’ensemble choral, tel qu’il se présente aujourd’hui, beaucoup de chemin a été parcouru en six décennies.

En début de ce concert-anniversaire, au côté du chef de chœur Christian Michon, Martine Bonnardel, la présidente de la Chorale populaire de Lyon, a rappelé le parcours de ce chœur de grand talent ouvert à toutes et tous.

Francis Jaque, fondateur et âme de la Chorale pop

Cette aventure a été conduite au premier chef par Francis Jaquet, fondateur, animateur et désormais assistant de Christian Michon, un architecte mué en chef de chœur. Le fils d’épicier lyonnais a trouvé asile au service culturel de la mairie de Givors (Rhône) il y a plus d’un demi-siècle, et c’est avec le conservatoire de musique de cette ville qu’il a développé son talent musical en intervenant dans les écoles primaires.

Comme il l’explique lui-même, c’est à l’occasion d’un stage de chant à Paris que Francis Jaquet a pu approcher le compositeur Joseph Kosma. Le complice de Jacques Prévert s’est ensuite saisi du livret de Jacques Gaucheron et a créé la partition. Louis Erlo, alors directeur musical de l’Opéra de Lyon accepta en 1964 de mettre cette œuvre au répertoire de la saison et elle fut donnée ne avril 1967 et en janvier 1965.

Les canuts furent encore monté en juin 1981 à l’auditorium Maurice Ravel à Lyon sous la baguette de Serge Baudo, Dominique Debart et Bernard Tétu s’occupant des chœurs.

Depuis; c’est par morceaux que cet oratorio est défloré. C’était naturellement le cas en ce jour anniversaire avec De père en fils et Marche, marche, deux extraits interprétés en point d’orgue de la première partie du concert. Captation dans l’église Saint-Germain de Vénissieux.

La mysique au fil des paus et de l’histoire

Durant deux heures et demie de son concert-anniversaire, la Chorale populaire a fait montre de la diversité de son répertoire. Au fil de vingt-cinq pièces, de longueur et de difficulté variables, les choristes sont passé du plaidoyer antimilitariste Quand un soldat de Francis Lemarque, à une harmonisation par Charles Gounod de la fable La Cigale et la fourmi.

Après être mis en lumière par une mélodie Renaissance, la tradition gospel, les cantiques sacrés, ou les airs populaires, du Pays basque à l’Afrique du Sud, la chorale a pu se laisser à un bis où d’anciens choristes ont rejoint le chœur de l’édifice religieux.

Et c’est bras dessus-bras dessous, que Francis Jaquet et Christian Michon, le maître et celui qui le seconde déjà et est appelé à lui succéder ont pu remercier leurs chanteurs et leur pianiste-accompagnateur Martial Manesse, et bien sûr le public qui avait empli l’église Saint-Martin.

La Chorale populaire de Lyon sonnera un second concert-anniversaire samedi 20 janvier 2018 dans la beau cadre du Temple de l’Eglise protestante unie de France de la rue Lanterne, dans le quartier des terreaux à Lyon.

A noter que la Chorale populaire de Lyon recherche des voix d’hommes (ténors, barytons, basses) pour enrichir le chœur.

Renseignements : http://www.chopoly.fr/contact.php

 

2 commentaires

  1. Roberto 30 novembre 2017 à 5 h 23 min

    Très touchée par l’évocation de ce qui me fait vibrer depuis 3 ans. (Soprano 1)

  2. langeois christian 1 décembre 2017 à 12 h 26 min

    Bonjour, à toutes fins utiles, je vous informe que « les Chants d’honneur », de la Chorale populaire à l’Orchestre rouge », la biographie de Suzanne Cointe, un des éléments majeurs de la Fédération musicale populaire est édité au Cherche midi. Ce livre peut faire l’objet de rencontres amicales et fructueuse quand à l’histoire de ces chorales. Bien amicalement.
    Christian Langeois

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