Avec le départ de Robert Luc : la Croix-Rousse lyonnaise orpheline

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Reportage de François Dalla-Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272

Les révoltes des canuts ont marqué l'histoire de ce quartier qui fut une commune libre (© Pierre Nouvelle).

Les révoltes des canuts de 1931 et 1934 ont marqué l’histoire de ce quartier qui fut une commune libre (© Pierre Nouvelle).

Vendredi 17 mars 2017, après le cimetière communautaire de Bron, c’est dans une salle bondée de la mairie du 4e arrondissement de Lyon qu’un émouvant et vibrant hommage a été rendu à un habitant historique de la Croix-Rousse, un militant fort dans ses convictions jusqu’à son dernier souffle, et amoureux de la colline qui travaille et des canuts, qui ont fait sa notoriété. Les habitants de l’ancienne commune libre, le maire et ses amis artistes en ont apporté témoignage. Rencontres avec eux.

Robert Luc avait demandé à quatre personnes de témoigner de leur amitié, à commencer par ses enfants et petits-enfants, représentés par son fils Karim (© Pierre Nouvelle).

Robert Luc avait demandé à quatre personnes de témoigner de leur amitié, à commencer par ses enfants et petits-enfants, représentés par son fils Karim (© Pierre Nouvelle).

Entouré par sa sœur  Nadia, leurs enfants Corentin, Gabin, Melissa et Thelma, son fils Karim a ouvert une heure d’un hommage profond et unanime, suite au décès de Robert Luc, un homme engagé pour son quartier, son patrimoine, les canuts et leur histoire.

La République des canuts

Naturellement, c’est à un autre héraut de la Croix-Rousse qu’il revenait de parler du vrai gone que fut Robert Luc. Gérard Truchet, avec son parler « yonnais » incomparable a dessiné les traits d’un personnage qu’il a longtemps côtoyé.

Avant Philibert qui parla de « Robert le malicieux passionné par les canuts et leur histoire », Gérard Truchet en porte-voix de la commune libre a su trouver des mots emplis de l’humour lyonnais qu’on lui connait pour parler de Robert Luc, qui n’était ni un « cogne-mou« , ni un « caquenano« .

Historien, humaniste et homme engagé

Les propos officiels pouvaient alors sonner et, David Kimmerfeld, le maire du 4e arrondissement égrena les jours de la semaine où l’on avait parlé de Robert Luc : lundi à l’école Picard-Flammarion, mardi en mairie lors d’une célébration des femmes remarquables, mercredi lors du conseil d’arrondissement, et jeudi encore, où lors des Assises du tourisme et du patrimoine, 400 personnes entendirent le portrait de ce Croix-Roussien connu de tous.

« Historien, humaniste, homme engagé à gauche », tels étaient les traits principaux de celui qui passé par la Jeunesse ouvrière chrétienne, la CFDT du Rhône, et le PSU fit montre de son empathie pour les autres, sa volonté de lutter sans s’enferrer dans des positions de notable. Celui qui portait « un regard décalé et un éclairage particulier sous un angle inattendu », permettant aux reprendre pied avec la base et d’ajuster leurs décisions, était aussi un artiste. Reporteur pour le quotidien Le Progrès, dont il fut le correspondant attitré, était aussi un photographe de talent, l’exposition accrochée dans la salle de réception en témoignait.

Un amoureux du verbe qui tissa des liens amicaux

Ce gone qui avait sa place attitrée dans la Maison des canuts, Amoureux du verbe, des contes comme de L’Echo de la fabrique, journal des canuts qu’il contribua à mettre à l’honneur, il a entretenu avec la Compagnie du chien jaune, et son animatrice Valérie Zipper, une relation amicale et soutenue. La participation de ces gens de théâtre au Novembre des canuts qui fêtera l’an prochain son dixième anniversaire, en était l’illustration.

L’Alsacienne Valérie Zipper a découvert grâce à lui les trésors de ce quartier. Elle en parle avec émotion et pudeur.

Homme de dialogue avec ses voisins et les élus locaux

Le temps d’un mandat, Chantal Duport fut adjointe à l’enfance dans cette mairie qui rendait hommage à Robert Luc.

Gérard, son époux avait milité avec Robert Luc à la Joc. Elle, c’est en tant qu’élue locale qu’elle coopéra avec cet habitant, soucieux de ses voisins et proches en général. Elle évoque de bons souvenirs avec l’ami trop tôt disparu.

De Pierre Dupont à Jeanne-Marie Celu

Après tant d’émotion contenue, le Chant des ouvriers, dont le poète, chansonnier et écrivain croix-roussien Pïerre Dupont fut l’auteur au cœur du 19e siècle, résonna dans le rez de chaussée de la mairie.

Les voix des chanteuses de la Compagnie du chien jaune, accompagnées d’un violon surent trouver tout en douceur celle du public pour qui le florilège du mouvement ouvrier n’était pas étranger.

La Croix-Rousse ne t’oubliera, puisqu’à côté de la rue Jeanne-Marie Celu, femme cheffe d’atelier canut, qui a contribué à honorer, la mairie d’arrondissement devrait trouver un lieu digne de ton engagement pour continuer à rappeler ta mémoire.

Robert, nous avons eu l’occasion de nous rencontrer, dans des initiatives militantes ou culturelles.  En novembre 2015, lors d’un colloque sur la mémoire CFDT-PSU-Unef de mai 68, tu exposas l’action de la section PSU du Plateau en mai-juin 68 quand vous contrôliez les prix sur le marché de la Croix-Rousse. puis, à d’autres occasions, tu répondis toujours présent pour conduire des ami-e-s au fil des traboules. Pour tout cela merci !

un ami, un confrère s'en est allé (© Pierre Nouvelle)

Un ami, un confrère s’en est allé (© Pierre Nouvelle)

Salut l’artiste, l’ami, le frère et le confrère !

Un commentaire

  1. ROCHE-LUC Marie 10 avril 2017 à 14 h 13 min

    merci pour cet hommage.
    Marie-Françoise Roche-Luc
    sa soeur

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