Ampuis (Rhône) : Visite pastorale de évêque (3) : Entre « cathos tradis » et respect de la vie

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Par la passerelle qui enjambe le fleuve Rhône, 300 mètres seulement séparent l’église de la commune de Sainte-Colombe (Rhône)… (© Pierre Nouvelle).

Par Jean-François Cullafroz-Dalla Riva, journaliste professionnel honoraire, carte de presse 49272, correspondant du Courrier (quotidien à Genève).


…et la cathédrale St-Maurice à Vienne (Isère) (© Pierre Nouvelle).

La salle hexagonale municipale d’Ampuis (Rhône) était presque trop petite pour accueillir la centaine de personnes qui a participé à une rencontre avec Loïc Lagadec, l’évêque de Lyon jeudi 5 mars 2026. Le début d’une visite pastorale qui durera quatre jours dans les paroisses Bienheureux Frédéric Ozanam au pays de Condrieu et St Ferréol de Sainte-Colombe, au sud du département du Rhône.

La salle hexagonale municipale d’Ampuis (Rhône) était presque trop petite pour accueillir la centaine de personnes qui a participé à une rencontre avec Loïc Lagadec, l’évêque de Lyon jeudi 5 mars 2026. Le début d’une visite pastorale qui durera quatre jours.

Suffit-il de passer la passerelle pour que d’une rive à l’autre, les communautés catholiques se parlent et coopèrent ensemble ? (© Pierre Nouvelle).

Une réunion qui a duré près de deux heures et demie, où le « prélat », toujours très souriant et volontiers humoristique, n’a pas pratiqué la langue de buis. Très vite, il s’est mis simplement en bras de chemise pour répondre à des questions qui sont devenues plus vives dans la dernière période.

Prenez-vous en main !

A l’interrogation sur l’absence de travail en commune entre paroisses iséroises de la rive gauche du Rhône (Bienne) et rhodaniennes de la rive droite (entre Loire et St-Michel-sur-Rhône), le natif d’Annonay Ardèche) qui a grandi à Vienne, a clairement invité les fidèles « à se prendre en main » et « à passer le pont », sans attendre tout d’en haut. Favorable à une démarche œcuménique, il a même suggéré la tenue d’assemblée générale de paroisse, en complément des réunions de l’Équipe d’animation paroissiale (EAP) qui assiste le curé.

L’évêque de Lyon a appelé les fidèles présents à se prendre en main (© Pierre Nouvelle).

Interpellé sur les « tradis » et notamment la communauté lyonnaise de l’église Saint-Georges, il a entendu les réflexions craignant une démarche identitaire pour certains, et suggérant le dialogue avec ces pratiquants de la messe en latin pour d’autres.

Il a invité à l’écoute entre différentes sensibilités au sein de l’ Église catholique, tout en soulignant que ces liturgies issues du Concile de Trente étaient une forme « extraordinaire », et que l’ordinaire était bien les messes issues du concile Vatican II, où il a affirmé se reconnaitre pleinement.

Le respect incontournable de la vie…

Cette rencontre de plus de deux heures, qui s’est tenue en présence du maire de la commune assis au premier rang, s’est conclue sur une question autour de la fin de vie et du suicide assisté.

Une occasion pour l’évêque de Lyon de souligner que, si cette question n’est pas simple, et engendre des attitudes divergentes au sein des fidèles, l’Église catholique défendra toujours le respect intégral de la vie.

Remarquant que l’Eglise catholique « respecte le choix de personnes qui font le choix du suicide », il a insisté pour dire que « des cas exceptionnels et personnels » ne peuvent conduire à une généralisation par la loi. Rappelant la pratique des soins palliatifs et la démarche d’accompagnement d’associations (telle Jalmav), il s’est demandé « si la pire des douleurs n’était pas de ne pas arriver à la traverser ».

…n’exclut pas la peur de mourir seul

Concluant sur son exemple personnel, il a déclaré que lui-même, célibataire et sans enfant, il avait peur de mourir seul…

Si dans les évangiles, l’adage dit que « Nul n’est prophète en son pays », prêtre depuis à peine vingt ans, évêque depuis 2023, Loïc Lagadec s’est présenté comme un homme d’ouverture, qui n’ignore en rien les sensibilités diverses au sein de son Église (y compris parmi ses « frères » évêques), et est prêt à continuer sur sa voie dans les vingt-cinq années d’épiscopat qui lui restent à accomplir.

Le fameux Trombinoscope des évêques publié par les éditions lyonnaises Golias devrait assurément lui donner le meilleur label de satisfaction.

L’évêque du diocèse de Lyon passera toute la journée du samedi 7 mars 2026 sur la paroisse de Ste-Colombe (Rhône) dans le cadre du Clos-Ste-Marie. Sa visite pastorale se terminera à Condrieu dimanche 8 mars.

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